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Merengue : la danse latine sous-estimée qui mérite vos soirées

Le merengue n’est pas une danse secondaire : c’est un patrimoine UNESCO depuis 2016

Merengue : la danse latine sous-estimée qui mérite sa place dans vos soirées Montpellier

En novembre 2016, lors de la 11e session du Comité intergouvernemental de l’UNESCO réuni à Addis-Abeba, le merengue dominicain a été officiellement inscrit sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Pas une mention honorifique, pas un simple label touristique – une reconnaissance au même titre que le flamenco espagnol ou le tango argentin.

Et pourtant. Lors de la dernière soirée latine à laquelle j’ai assisté à Montpellier, le DJ a glissé deux morceaux de merengue entre deux sets de salsa. Les gens ont vaguement bougé, puis attendu que ça passe. Voilà ce qui m’énerve.

Le merengue est la danse et musique nationale officielle de la République dominicaine, inscrite comme telle dans la Constitution dominicaine. Son histoire remonte au milieu du XIXe siècle, vraisemblablement entre 1840 et 1860, dans la région du Cibao, au nord du pays. L’étymologie du nom divise les ethnomusicologues : certains y voient une référence au dessert meringue, évoquant la légèreté du mouvement. D’autres défendent une origine africaine, liée aux populations déplacées pendant l’esclavage.

Deux hypothèses, une certitude : cette danse porte des strates historiques que la plupart des danseurs montpelliérains ignorent. Comment une forme artistique aussi profondément ancrée – patrimoine constitutionnel d’un pays, inscription UNESCO, 180 ans d’histoire – peut-elle être reléguée au rang de danse d’échauffement dans nos soirées locales ? C’est la question que cet article pose.

Típico ou de salón : ces deux visages du merengue

Le merengue n’existe pas qu’en un seul format. Il prend deux formes distinctes, avec des origines, des instruments et des contextes radicalement différents. Les connaître change complètement la façon d’écouter et de danser.

Critère Merengue típico (perico ripiao) Merengue de salón
Période d’émergence Rural, XIXe siècle (Cibao) Popularisé dès les années 1950 à Santo Domingo
Instruments Accordéon, güira, tambora Cuivres, big bands, arrangements orchestraux
Contexte de danse Fêtes de village, espaces ruraux ouverts Bals urbains, salles de danse, discothèques
Accessibilité à Montpellier Accessible, mais rarement enseigné en cours Le plus répandu dans les cours d’initiation locaux

C’est le merengue de salón que vous croisez dans les soirées montpelliéraines et dans les cours de danse latine. Mais le típico, aussi appelé perico ripiao, mérite une vraie écoute – l’accordéon et la güira produisent une texture sonore qu’aucun big band ne peut reproduire.

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Juan Luis Guerra, né en 1957 à Santo Domingo, a ouvert le merengue aux frontières caribéennes. Avec son groupe 4.40, il a enregistré Ojalá que llueva café en 1990, puis Areíto en 1992. Ces deux albums ont diffusé le merengue dans des pays qui ne savaient pas encore prononcer « güira ». Mais si vous êtes débutant à Montpellier et que vous cherchez par où commencer, le merengue de salón est votre point d’entrée : sa structure rythmique régulière et sa présence dans les cours collectifs en font le format le plus pratique pour progresser rapidement.

120 à 160 BPM : pourquoi le merengue convient aux débutants

Merengue : la danse latine sous-estimée qui mérite sa place dans vos soirées Montpellier - illustration

Le merengue se compte en 2/4. Son tempo oscille entre 120 et 160 BPM, ce qui en fait l’une des danses latines les plus rapides – mais aussi l’une des plus accessibles pour les débutants. Pourquoi cette contradiction ? La régularité absolue du temps. Chaque temps correspond à un pas, sans syncopes complexes ni changements de direction imprévisibles.

Le déhanchement caractéristique – le movimiento de cadera – n’est pas une question de souplesse. C’est mécanique : transférez votre poids sur la jambe d’appui, fléchissez légèrement le genou opposé. Cette ondulation des hanches suit automatiquement. Une fois ce principe compris, le corps le fait. J’ai vu des danseurs sans aucune expérience latine intégrer ce mouvement en une seule séance.

Et c’est précisément pour cela que les écoles de danse latine en France utilisent le merengue en introduction de leurs cursus salsa et bachata. Il permet d’acquérir deux choses fondamentales – la connexion en couple et le déhanchement – en deux à quatre séances. La salsa ? Elle en demande plusieurs avant d’être à l’aise en social dancing.

Pour débuter le merengue à Montpellier – quelques repères concrets

  • Chaussures : une semelle légèrement glissante aide à pivoter sans forcer sur les genoux. Les sneakers à semelle grippante freinent les déplacements.
  • Posture : les genoux très légèrement fléchis, le buste stable – les hanches bougent, les épaules restent calmes.
  • Compter le temps : en 2/4, chaque temps correspond à un pas. Comptez « 1-2, 1-2 » sur la pulsation de la tambora ou de la grosse caisse.
  • Trouver un cours à Montpellier : la plupart des associations de danse latine de la ville proposent des séances d’initiation aux danses caribéennes. Le merengue est souvent intégré aux cours salsa débutants. Renseignez-vous directement auprès des associations locales sur leur programme du trimestre.

Montpellier compte environ 75000 étudiants selon les chiffres de la Métropole. Cette population jeune, mobile et curieuse est exactement le public pour lequel le merengue fonctionne : apprentissage rapide, format festif, aucune barrière technique sérieuse.

Montpellier et ses 75000 étudiants méritent plus de soirées merengue

Montpellier n’est pas fermée aux musiques latines. La communauté latinoaméricaine et caribéenne y existe, les soirées salsa et bachata s’y sont multipliées depuis les années 2000. La demande y est réelle. Mais le merengue reste absent des programmations – ou réduit à un ou deux morceaux entre deux sets, sans espace dédié.

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L’écart entre la place de la salsa et celle du merengue dans les soirées locales n’a aucune justification musicale ou technique sérieuse. Il vient surtout des habitudes de programmation et du manque de connaissance des organisateurs sur ce que le merengue apporte à une soirée.

Voici des formats concrets où le merengue s’intégrerait naturellement à Montpellier :

  • Soirées mixtes salsa/bachata/merengue : alterner les styles sur toute la nuit, avec des sets dédiés de 30 à 45 minutes par genre.
  • Ateliers flash en bar : 20 minutes de merengue débutant avant l’ouverture de la piste, accessible à tous les présents.
  • Soirées thématiques caribéennes : programmer une nuit merengue/kompa/zouk pour sortir du triptyque salsa-bachata-kizomba.
  • Initiations en résidences étudiantes : le format court du merengue (pas de base en deux séances) en fait une danse parfaite pour les CROUS ou les associations universitaires.

Le Bachata & Merengue Festival de Santo Domingo attire régulièrement des délégations françaises. Des organisateurs montpelliérains y vont chaque année. Mais une fois rentrés, peu d’entre eux programment du merengue sérieusement. Il y a une vraie incohérence.

Faut-il vraiment apprendre le merengue si vous faites déjà de la salsa à Montpellier ?

Le merengue est-il vraiment différent de la salsa ou c’est globalement la même chose ?

Ce sont deux danses structurellement distinctes. La salsa se compte en 4/4 (ou sur 8 temps avec un temps de pause), avec un pas de base qui comporte un changement de direction et un temps d’arrêt. Le merengue se compte en 2/4, strictement, sans pause ni syncopation dans les pas de base : chaque temps est un pas, sans interruption. Le movimiento de cadera est plus marqué et surtout constant, là où la salsa permet des moments de pause dans le déhanchement. Le tempo du merengue – entre 120 et 160 BPM – est aussi généralement plus rapide qu’une salsa romántica. Connaître la salsa aide à la connexion en couple, mais le placement rythmique est complètement différent.

En combien de séances peut-on danser le merengue en soirée ?

Deux à quatre séances suffisent pour tenir une piste de manière confortable. C’est précisément pourquoi le merengue est utilisé comme danse d’initiation dans les cursus latins français : le pas de base s’acquiert vite, le déhanchement aussi une fois le principe mécanique compris. La salsa, en comparaison, demande plusieurs semaines – parfois plusieurs mois – avant d’être à l’aise en social dancing avec un partenaire inconnu. Mais et c’est important : savoir danser le merengue en soirée et le maîtriser réellement sont deux choses différentes. Les figures avancées demandent un travail sérieux.

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Où trouver de la musique merengue pour s’entraîner chez soi avant une soirée ?

Commencez par Juan Luis Guerra et son groupe 4.40. L’album Ojalá que llueva café (1990) est la référence absolue pour s’imprégner du style – le tempo y est régulier, les arrangements lisibles et la production reste propre à l’écoute. Areíto (1992) est plus complexe et introduit des influences musicales variées, mais reste parfait pour l’entraînement. Pour le merengue típico, cherchez directement « perico ripiao »: l’accordéon de El Cieguito de Nagua ou de Tatico Henríquez vous donnera une idée précise de la forme rurale originelle. Deux univers sonores pour une seule danse – les deux méritent une écoute attentive avant de passer à la pratique.

Mon verdict : le merengue doit cesser d’être le parent pauvre des soirées latines montpelliéraines

Je vais dire les choses clairement : reléguer le merengue au rang de transition entre deux sets de salsa est une erreur – culturelle, artistique et pratique. On parle d’un patrimoine UNESCO inscrit en 2016 à Addis-Abeba. On parle de la danse nationale constitutionnelle d’un pays entier. D’une forme artistique née entre 1840 et 1860 dans la région du Cibao, portée à l’international par Juan Luis Guerra dès les années 1990. Ce n’est pas une danse mineure qu’on glisse pour meubler.

Montpellier a tout ce qu’il faut pour que le merengue trouve son public. 75000 étudiants, une communauté latinoaméricaine et caribéenne présente, une scène latine déjà active. Il manque juste de la volonté éditoriale de la part des organisateurs – programmer du merengue sérieusement, pas le balancer entre deux bachatas pour faire semblant.

Et les arguments sont là. Un tempo entre 120 et 160 BPM qui paraît intimidant mais dont la régularité en 2/4 rend les pas de base accessibles en quelques séances. Deux formes distinctes – le típico aux accents ruraux et le de salón plus urbain – qui offrent une palette musicale réelle. Une connexion en couple et un movimiento de cadera qui s’enseignent vite et créent immédiatement une ambiance festive sur une piste.

Mais ma conviction la plus tranchée est celle-ci : le problème n’est pas que les danseurs montpelliérains n’aiment pas le merengue. C’est qu’on ne leur donne jamais vraiment l’occasion de le découvrir dans un contexte où il est respecté. Un set de 40 minutes, une initiation rapide avant la soirée, un DJ qui sait choisir les bons morceaux – et la piste sera pleine.

La prochaine fois qu’un DJ passe du merengue lors d’une soirée latine à Montpellier : restez sur la piste. Comptez « 1-2, 1-2 », laissez les hanches suivre et bougez. C’est aussi simple que ça pour commencer.

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